Un cottage canadien du début des années 1900 transformé en une maison durable
La reconstruction d'une petite propriété en un refuge urbain a été réalisée de manière durable pour permettre à une habitante de Toronto de rester dans sa maison centenaire. Cette transformation justifie le maintien des seniors à domicile tout en veillant à leur confort.

Crédit image: V2com, Doublespace Photography
Située au centre d'un quartier communautaire de Toronto, ce cottage centenaire a trouvé une nouvelle vie.
La transformation complète d’une modeste maison d'ouvrier de plain-pied, un «Worker's Cottage», située dans un quartier historique de Toronto a permis de la métamorphoser en un refuge lumineux. La résidente des lieux, une institutrice à la retraite qui vit d'un revenu fixe a ainsi vu son bien sauvé du délabrement. Le résultat est époustouflant. une maison de 66 m², délicatement proportionnée et lumineuse et reconstruite sur ses fondations d'origine.
Le «Worker's Cottage» est un type d’habitation répandu aux Etats-Unis et au Canada. Ces maisons construites entre les années 1870 et 1910 offraient un hébergement abordable pour les ouvriers et les propriétaires de la classe moyenne. Elle se caractérise par une empreinte rectangulaire étroite pour s'adapter à un terrain urbain et par un toit à pignon simple.
Concentration
de petites maisons
A Toronto, Craven Road, anciennement connue sous le nom d'Erie Terrace, a été
aménagée à l'origine pour loger des ouvriers et des immigrants à faible revenu
au début du XXᵉ siècle. Avec de petites habitations bordant uniquement le côté
est de la rue et une clôture municipale longeant l'ouest, cette voie de
circulation atypique était le site de la plus forte concentration de maisons
individuelles de moins de 46m² de la ville. Aujourd'hui, Craven Road offre un
avant-poste architectural unique dans une ville aux conditions de logement
toujours plus difficiles.

Crédit image: V2com, Scott Norsworthy
Le maître d’ouvrage s’est approvisionné en matériaux de récupération.
Le projet a débuté avec l'objectif de conserver l'empreinte de la maison d'origine de plain-pied comme élément essentiel. La maison devait être conçue et autorisée comme une rénovation. Cependant il s'est révélé que la couche supérieure de la fondation devait être reconstruite. Pour ce faire, il aurait fallu abattre les murs, mais cela aurait été contraire à la réglementation de la ville de Toronto en matière de rénovation de bâtiments.
Les architectes ont donc opté pour un système d'étayage temporaire qui a suspendu dans les airs l'enveloppe de la maison au-dessus du sol, permettant ainsi aux corps de métier d'accéder aux fondations pour les réparer, tout en satisfaisant à l'exigence de l'inspecteur des bâtiments selon laquelle au moins 50 % des murs d'origine de la maison devaient rester debout.
Abondance de
lumière
Le maître d’ouvrage a dû ausculter cette maison ouvrière sous tous ses angles
pour la déconstruire, la transformer, la réinterpréter et la reconstruire. La résidente
désirait une abondance de lumière, de tranquillité et d'une certaine intimité
au cœur d’un environnement urbain animé. En réponse à ce désir de solitude
inspirée, la maison a été transformée en un vaisseau d'ombre et de lumière, où
les deux semblent presque habiter l'espace.

Crédit image: V2com, Doublespace Photography
La maison est inondée de lumière naturelle, notamment par l'aménagement d'ouvertures supplémentaires.
La maison se compose de quatre pièces: une entrée, un salon, une salle à manger et une cuisine, un petit studio pouvant accueillir un lit simple, une salle de bains et buanderie combinée et une chambre à coucher principale. Ce programme simple a été complété pour tenir compte de l’âge et de la mobilité de sa résidente. Une cuisine en U, une salle d'eau sans marches et aux murs bloqués pour de futures barres d'appui, un éclairage LED et des finitions robustes pour favoriser un entretien et des factures d'énergie réduits ont été construits. Un espace de couchage pour un éventuel aide-soignant résidant et un porche avant conçu pour accueillir une future rampe, avec un auvent qui protège des intempéries font partie de la structure.
Acier ondulé et
bois
Pour optimiser le budget de cette rénovation, le maître d’ouvrage s'est
approvisionné en accessoires de récupération. Pour que la maison soit facile à
construire, résistante, économe en énergie et économique à entretenir, il a
utilisé des matériaux faciles à obtenir, notamment de l'acier ondulé pour le bardage
extérieur et la toiture, et des planchers en bois préfinis.
La conception
de cette maison de 66 m² s'est appuyée sur tous les éléments de l'espace et du
budget pour minimiser la consommation d'énergie. La performance énergétique a
grandement bénéficié de l'emplacement et de l'orientation des fenêtres à
claire-voie. Elles ont permis un gain solaire passif important pendant les mois
d'hiver et ont représenté près d'un quart des besoins en énergie pour le
chauffage.